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samedi 30 avril 2011

Sassine, Coles, Mevs, Capellan : Une coalition haitianodominicaine contre la Zone Franche du Grand Nord. --- Texte de Cyrus Sibert

Texte de Cyrus Sibert, Réseau Citadelle
reseaucitadelle@yahoo.fr
www.reseaucitadelle.blogspot.com

Alors que la compagnie Coréenne de textile SAE vient d'embaucher plusieurs jeunes du Nord et du Nord-est pour des taches de responsabilités, alors que la BID et le Département d'État Américain s'activent à promouvoir le projet d'un pacte industriel dans la zone septentrionale pour stimuler le développement d'un nouveau pôle économique, alors que les travaux de clôture des terrains de la commune de Caracol qui accueilleront les usines se poursuivrent activement, alors qu'on travaille sur l'aménagement des villes avoisinantes qui devront accueillir les ouvriers, des industriels haitiano-dominicains s'unissent dans une campagne négative auprès de décideurs influents, aux États-Unis et en Haiti, pour bloquer l'avancement du projet de zone franche qui normalement permettrait de créer 30,000 emplois directs dans la région du Grand Nord.

Les industriels Capellan, Sassine, Coles et Mevs sont accusés de parler d'une seule voix : ils sont contre le Parc industriel du Grand Nord.


Les préoccupations dominicaines:

Fernando Capellan du Groupe Dominicain "Grupo M", concessionnaire de la CoDevI (Compagnie De Développement Industriel) établie entre Ouanaminthe et Dajabon, deux villes frontalières haitiano-dominicaines, trouve en le Nouveau Parc Industriel du Grand Nord un concurrent nuisible qui découragera les entreprises qui comptaient s'installer en République Dominicaine. Avec un service d'électricité au prix de 20 centimes et une main-d'oeuvre haïtienne bon marché, les industries clientes du "Grupo M" seront plus favorables à s'installer en Haiti.

De plus, le plus Grand parc industriel de la Caraïbe en terme de concentration d'entreprises sur 245 hectares de terre qu'on construit à Caracol présentera d'autres avantages en termes de coûts qui découleront de la grande quantité de services connexes qui seront concentrés sur le site.


Inquiétudes des industriels de Port-au-Prince:

Les entrepreneurs haïtiens Coles, Sassine et Mevs cherchent à détourner les 300 millions de dollars mobilisés par les États-Unis, la Banque Interaméricaine et l'Etat haïtien pour être investi dans le Nord, vers leurs parcs industriels à Port-au-Prince. Ils y voient une occasion favorable pour développer leurs projets industriels de clan.

Les retombées positives, L'ennemi commun des industriels haïtiens et dominicains :

Les retombées positives du projet de Parc industriel dans le Grand Nord font frémir les petits bourgeois monopolistiques, rétrogrades et conservateurs de la capitale qui récusent tout projet d'investissement en dehors de la zone métropolitaine. Car, avec l'investissement de 300 millions de dollars US dans un Parc industriel dans la région du Nord, ils anticipent le développement du trafic aérien dans la zone, le développement du port actuel et la construction d'un nouveau port international en eau profonde, un courant électrique à meilleur prix qu'à Port-au-Prince. En conséquences, vu la proximité du Nord par rapport aux États-Unis et d'autres marchés, le climat sécuritaire favorable dans la région, les investisseurs internationaux auront plus d'intérêt à venir dans le Grand Nord.

La coalition haitiano-dominicaine contre le Parc Industriel du Grand Nord anticipe déjà un parc industriel compétitif qui attirera beaucoup d'investissements.


Stratégie anti-nationale de la coalition:

1- Elle encourage un discours contre le projet.

Le groupe d'Extrême Gauche "Bataille Ouvrière" coordonné par l'architecte Didier Dominique est instrumentalisé naïvement en ce sens. Son discours faisant de l'espace d'établissement des industries une zone agricole à protéger a été utilisé par les groupes monopolistiques pour proposer le déplacement du site de 2 a 3 kilomètres vers l'ouest. Or, selon les experts, tout déplacement d'un parc sur lequel des millions ont déjà été investis en termes de clôture, d'études de faisabilité, de ressources naturelles et environnementales, sera un signe d'instabilité qui attaquera la confiance des investisseurs coréens, chinois et Égyptiens qui planifient déjà la délocalisation de leurs usines vers le nord d'Haiti dès la fin de l'année 2011. Une telle manoeuvre peut provoquer l'arrêt complet du projet.

2- Elle mène une campagne de désinformation auprès du Président Élu, lui présentant le projet comme un danger, une menace, tout en lui proposant d'exiger que les Américains arrêtent leurs initiatives en ce sens.

3- Intensification d'une campagne de propagande annonçant la destruction du Nord par un violent séisme.

Comme si dans la ville de Santiago, où l'épicentre du séisme est prévu, il n'y a plus de constructions d'infrastructures économiques, les grands médias de la capitale utilisent des maires incompétents du Nord comme Michel Saint-croix de Cap-Haitien, pour annoncer, avec précision, l'arrivée de la catastrophe, traumatisant ainsi l'opinion publique. Un névrosé comme Saint-croix en quête d'audience tombe facilement dans le piège. Au lieu d'adopter des mesures préventives en termes d'aménagement, de contrôle des constructions et de mitigation, le maire de la ville du Cap-Haitien joue le jeu des coquins qui cherchent l'arrêt des projets d'infrastructures dans le Nord. Pourtant, cette menace sismique n'empêche pas les asiatiques et les Américains à poursuivre activement l'exécution du projet d'investissement.

Selon certaines informations qui circulent dans certains milieux capois, sur les conseils des hommes de ce consortium haitanodominicain contre le Parc industriel du Grand Nord, lors du déplacement de Michel Martelly à Washington, il a failli exiger l'arrêt du projet. Heureusement, le Président Élu a eu la lucidité et la capacité de comprendre le piège. Après les explications des diplomates du Département d'État Américain, il a compris et accepté la poursuite des travaux. Une décision qui révolte les hommes d'affaire réactionnaires qui le croyaient naïf. Ces derniers ne cachent pas leur déception et leur mécontentement.

La Parc industriel du Grand Nord est un test pour prouver la volonté de Michel Martelly de changer le système. Car, les hommes d'affaire rétrogrades et primaires de la capitale croient pouvoir manipuler sa présidence pour maintenir le statu quo. Le président de la RUPTURE doit pouvoir se démarquer des requins de Port-au-Prince qui continuent de réfléchir économie en termes de rentes et de prébendes. Ces élites aux cerveaux éteints font tout leur possible pour bloquer les projets dans le Nord et dans les villes de province en général. La construction de l'Aéroport du Cap-Haitien marche au ralenti, ils cherchent à bloquer la construction du Campus Universitaire du Nord promis par la République Dominicaine, ils ont pu entraîner le Directeur de l'ISPAN Daniel Élie dans un conflit de rivalité avec le Ministre du Tourisme Patrick Delatour et faire échec à un gros projet de La compagnie de croisière Royal Caribbean qui comptait conduire ses croisièristes jusqu'à la Citadelle.

Le Président Élu doit comprendre que la base du contentieux des villes de province avec Préval est sa décision de centraliser l'économie et de tuer les ports de province. Ce sont ces même rétrogrades aux cerveaux éteints qui avaient conseillé à René Préval de tout centraliser en utilisant comme prétexte que la centralisation était le seul moyen de faire augmenter les recettes de la douane.

Michel Martelly doit comprendre que son élection est la dernière étape, la dernière chance, avant la bataille finale pour la libération des exclus marginalisés. La bataille finale risque de ne pas être électorale... Sur ce point, le leader de la RUPTURE doit suivre la voix du gouvernement Américain qui comprend déjà la nécessité de développer d'autres pôles économiques à travers le pays. Pour preuve, l'Ambassadeur des États-Unis Kenneth H. Merten - que nous admirons pour ses efforts de s'exprimer en créole, un signe de respect pour la majorité des haïtiens - annonce la déconcentration de certains services dans le Nord. A la fin de l'année 2011, le Bureau central du "Peace Corp", pour Haiti, sera établi au Cap-Haitien.

Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
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"Ne doutez jamais qu'un petit nombre de citoyens volontaires et réfléchis peut changer le monde. En fait, cela se passe toujours ainsi"
Margaret Mead (1901-1978)

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