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mardi 18 janvier 2011

Duvalier quitte son hôtel sous escorte policière.

Duvalier quitte son hôtel sous escorte policière.

Jean-Claude Duvalier a salué la foule en quittant... (Photo: Reuters)
Jean-Claude Duvalier a salué la foule en quittant sous escorte policière l'hôtel Karibe où il s'était installé.

Photo: Reuters


Caroline Touzin, envoyée spéciale
La Presse


(Port-au-Prince) L'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier a quitté l'hôtel Karibe sous haute surveillance policière peu après midi aujourd'hui à Pétionville.


L'ancien président «à vie» a descendu les marches du lobby en tenant fermement la main de sa conjointe, Véronique Roy. Cette dernière portait des lunettes fumées. «Bébé Doc» n'était pas menotté. Il portait un veston bleu foncé et une cravate d'un bleu plus pâle.


L'homme de 59 ans a salué la foule sous les applaudissements nourris de quelques dizaines de partisans présents.


«Arrêtez Préval», ont scandé les Duvaliéristes. «La supposée dictature de Duvalier était mieux que la démocratie actuelle», a dit à La Presse Lydevic Lamisère, fébrile.


Plus tôt ce matin, un avocat très connu en Haïti, Reynold Georges, a débarqué à l'hôtel à la demande de «Bébé Doc». «Jean-Claude vient de m'appeler. Il m'a demandé de venir pour lui prodiguer des conseils juridiques. Je ne peux pas vous en dire plus pour l'instant», a-t-il dit aux nombreux journalistes locaux et internationaux massés devant le lobby.


Le commissaire de police de Pétionville, Vanel Lacroix, était aussi sur place. Il a quitté vers 10h sans faire de commentaires.


Jean-Claude Duvalier, surnommé «Bébé Doc», est rentré au pays dimanche en début de soirée, après 25 ans d'exil.


Le premier ministre d'Haïti, Jean-Max Bellerive, s'est dit mal à l'aise de la présence de l'ex-dictateur, lundi soir, en marge d'une conférence de presse. «Il y a des processus judiciaires qui impliquent l'État haïtien et M. Duvalier pour une histoire d'argent. Il y a des processus internationaux, il y a des processus en Haïti. Je répète, nous ne sommes pas à l'aise», a-t-il dit au Nouvelliste, quotidien d'Haïti.


M. Duvalier, 59 ans, s'est borné jusqu'à présent à déclarer qu'il était venu «pour aider» les Haïtiens après le tremblement de terre qui a dévasté le pays il y a tout juste un an.


Il est rendu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants durant son régime. L'ex-dictateur a également été accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir de 1971 à 1986. Il a tenté de s'opposer en Suisse au renvoi par ce pays de fonds lui appartenant à destination d'Haïti.


Des experts des droits de l'homme de l'ONU examinent actuellement la possibilité que les autorités haïtiennes poursuivent «Bébé Doc» en justice, a indiqué à Genève le Haut commissariat aux droits de l'homme.


Sa réapparition en Haïti a fait resurgir «toutes les questions le concernant» ainsi que «l'impunité et la responsabilité autour de lui», a expliqué le porte-parole de la Haut commissaire, Rupert Colville.


«Bébé Doc» a reçu un accueil enthousiaste dimanche soir de ses partisans, dans un pays dont la moitié de la population n'était pas née quand il a été renversé.


Ces derniers ont promis de protester devant le Palais de justice si l'ancien président était effectivement arrêté.


Le retour de l'ex-dictateur survient en pleine crise politique en Haïti près de deux mois après des élections présidentielles dont les résultats n'ont toujours pas été officiellement proclamés. Selon une mission d'enquête de l'Organisation des États américains (OEA), le candidat choisi par le président sortant René Préval pour lui succéder, Jude Célestin, est arrivé troisième de la course et doit donc être exclu du second tour, contrairement aux résultats préliminaires qui l'ont placé en deuxième position.


M. Préval, qui doit quitter le pouvoir en principe le 7 février, n'a pas encore réagi aux conclusions de l'OEA.


- Avec AFP

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"La vraie reconstruction d'Haïti passe par des réformes en profondeur des structures de l'État pour restaurer la confiance, encourager les investisseurs et mettre le peuple au travail. Il faut finir avec cette approche d'un État paternaliste qui tout en refusant de créer le cadre approprié pour le développement des entreprises mendie des millions sur la scène internationale en exhibant la misère du peuple." Cyrus Sibert
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