[ Dessalines a toujours su faire la différence entre forces esclavagistes et forces libératrices. Ce général fondateur de l’État d’Haïti, qui n’a eu aucune hésitation à intégrer des soldats polonais à la guerre de l’Indépendance, aurait applaudi le déploiement des soldats salvadoriens contre les gangs terroristes en Haïti. ]
Chaque fois qu’ils sont acculés sur la scène internationale, les dirigeants irresponsables d’Haïti sortent la même arme : une campagne de propagande pseudo-nationaliste.
Soudain, ils se souviennent de Dessalines. Ces fossoyeurs de la patrie nous parlent de patriotisme, de nationalisme, de « terre de Dessalines ». Ces mots, surexploités par des traîtres, des irresponsables, des nihilistes jouisseurs pour qui le pouvoir est une fin en soi, deviennent un bouclier. Le bouclier des traîtres, des irresponsables et des corrompus.
Mais plus ils invoquent l’histoire, plus ils parlent de nos ancêtres, plus ils prouvent qu’ils n’ont rien compris à l’origine de ce pays, à la révolution de 1804, ni aux intentions de ceux qui l’ont fondée.
Car Dessalines n’est pas un slogan vide. Dessalines, c’est une vision de responsabilité assumée envers son peuple.
Dessalines, c’est d’abord un homme qui a rompu avec les avantages et les promesses de Napoléon Bonaparte parce qu’il ne pouvait pas cautionner l’horreur. Il a refusé d’être complice des massacres et des noyades orchestrés par le général Leclerc, du corps expéditionnaire, dans le cadre de son plan d’extermination des Noirs.
Qu’on ne s’y trompe pas : le Dessalines d’aujourd’hui n’aurait jamais accepté que des gangs terroristes massacrent des civils innocents pour des calculs politiques ou des échéances électorales. Il n’aurait jamais négocié avec des terroristes. Il les aurait combattus.
Dessalines, c’est le sacrifice.
En 1806, on l’assassine parce qu’il a osé poser la seule question qui comptait : « Et ceux dont les pères sont en Afrique n’auront-ils rien ? » Mais quand on partageait le gâteau, Dessalines continuait de penser à son devoir envers le peuple.
Empereur à vie, craint et respecté, il pouvait se contenter de jouir. Comme les dirigeants d’aujourd’hui, il pouvait se servir, accumuler, se taire. Mais il a choisi l’inverse : mettre de l’ordre, briser la contrebande, traquer la corruption, réclamer la terre pour les bossales, pour la majorité nationale qu’il incarnait.
Quant au général Toussaint Louverture, affranchi et propriétaire terrien, il avait abandonné ses privilèges pour abattre le système esclavagiste. Voilà la dimension des pères fondateurs : une capacité rare à sacrifier leurs intérêts personnels pour défendre la liberté des autres et le bien-être généralisé.
Alors, que font leurs héritiers autoproclamés ?
Le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et sa clique pillent les caisses de l’État pendant que les masses populaires croupissent dans la misère la plus abjecte. Au lieu d’affronter les gangs et de débloquer les routes, ils circulent en hélicoptères et en bateaux privés. Là où Dessalines utilisait la douane pour mettre de l’ordre, eux, ils l’utilisent pour s’enrichir et étrangler la majorité nationale, sans la moindre considération pour la vie chère.
Le contraste est total. D’un côté, un Empereur qui choisit de risquer sa vie pour défendre le peuple ; de l’autre, des dirigeants qui mènent une vie de luxe et empochent tout.
Haïti n’a jamais été un nationalisme fermé.
La révolution haïtienne était d’abord une question de principe : Liberté et Émancipation. Ce binôme traverse presque toutes les lettres de Toussaint Louverture. Il ne s’agissait pas seulement de libérer un territoire, mais de proclamer Haïti comme terre de refuge pour toute personne en quête de liberté. Par une fiction juridique révolutionnaire, tous les Haïtiens étaient considérés comme Noirs, quelle que soit leur couleur. Un moyen d’éviter les querelles de couleur de peau.
Il faut regarder d’où venaient les héros de l’Indépendance : Dutty Boukman de la Jamaïque, Henry Christophe de la Grenade, Jean-Pierre Boyer de la Martinique. Haïti, par ses reliefs, sa démographie issue de la colonisation de peuplement et ses contradictions socio-politiques, offrait l’espace idéal. Mais le mouvement était trans-colonial, régional, universel. Il concernait tous les Noirs et tous les opprimés de la Caraïbe et de l’Amérique latine.
C’est pour cela que les pères fondateurs ont choisi Hayti, le nom indien, pour baptiser leur État. C’était un acte de reconnaissance envers les premiers opprimés de l’île. C’est pour cela que leur armée ne s’appelait pas « Armée des Noirs », mais « Armée indigène ». L’universalité des opprimés.
Comprendre cela, c’est comprendre l’essentiel : le nationalisme haïtien authentique n’a jamais été un repli. C’était une solidarité.
Alors, si 222 ans après le succès de cette révolution et la création de l’État d’Haïti par la déclaration d’indépendance, des gangs terroristes replacent les masses populaires en esclavage, quoi de plus légitime et de plus normal que des peuples frères de la région interviennent pour nous aider à briser cette nouvelle chaîne ?
Voilà la vérité que les usurpateurs ne veulent pas entendre : on ne peut pas à la fois protéger les bourreaux du peuple et parler au nom de Dessalines, le libérateur.
Aucun dirigeant irresponsable, complice ou protecteur de gangs terroristes n’a le droit d’utiliser le nom de Dessalines.
Et qu’on ne vienne pas nous parler de trahison. Nos ancêtres étaient assez pragmatiques pour nouer des alliances avec d’autres puissances coloniales capables de les aider à renforcer leur mouvement et l’Armée indigène en armes, en munitions et en entraînement. Ils savaient que la liberté ne se défend pas avec des slogans, mais avec des moyens et une responsabilité d’hommes et de femmes d’État. Ils n’ont jamais confondu souveraineté et isolement, ni fierté et refus de toute aide extérieure.
Dessalines n’aurait pas attendu un sauveur. Il n’aurait pas mendié une aide. Il aurait utilisé toutes les forces disponibles — y compris celle de Bukele — pour écraser les gangs et libérer son peuple. C’est cela, être dessalinien.
Cyrus Sibert, Journaliste
08 Novembre 2026
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/11/dessalines-aurait-utilise-bukele-contre.html
Lisez :
08 Novembre 2026
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/11/dessalines-aurait-utilise-bukele-contre.html
Lisez :
- Bukele en Haïti : Saisissons la chance qui passe.
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/bukele-en-haiti-saisissons-la-chance.html
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/bukele-en-haiti-saisissons-la-chance.html
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https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/bukele-en-haiti-saisissons-la-chance.html
- Soutien à l’intervention de Nayib Bukele en Haïti
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- Haïti, champ de bataille entre cartels criminels et axe MAGA- BUKELE
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/haiti-champ-de-bataille-entre-cartels.html
- Et si l'attaque contre les soldats salvadoriens en Haïti venait du Salvador ou des ennemis de Donald Trump?
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/et-si-lattaque-contre-les-soldats.html
- Haïti : Quand Erik Prince protège les chefs de gangs, 5 soldats salvadoriens capturés.
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- La stratégie d'Erik Prince en Haïti risque d'être génocidaire.
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/la-strategie-derik-prince-en-haiti.html
- POUR UN EMBARGO INTERNATIONAL SUR LES ARMES EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE
https://reseaucitadelle.blogspot.com/2026/10/pour-un-embargo-international-sur-les.html
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